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HENRI SAULDUBOIS
Peintre montbéliardais    1898-1981

Années 1920 avec Kysi
1952-1974
Les années 70 sur les
 rives du Doubs






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La vie familiale compte aussi beaucoup. Je me marie en 1952. Son gendre, Michel, est le fils de Jules Pélier, connu surtout en tant que rebouteur à Sainte-Suzanne. Il devient grand-père d'une petite-fille nommée Laurence. Trois ans plus tard, l'arrivée d'un petit François le comble de joie car il y avait beaucoup de représentantes de la gent féminine autour de lui : son épouse, ses deux filles et deux belles-sœurs Marthe et marguerite demeurant dans la même maison, au rez-de-chaussée. Ce petit-fils est donc accueilli à bras ouverts !             

En 1961 c'est sa seconde fille Andrée qui se marie à son tour, épousant un parisien, Roger Dartois. Elle quitte Montbéliard pour Paris mais revient quelques années plus tard au Pays.            

Le 2 septembre 1965, le journal "Les Dépêches" annonce : "Un demi-siècle de toiles et dessins, le peintre Sauldubois exposera ses oeuvres pour la première fois cet automne". Le préambule disait : "M. Sauldubois est une figure montbéliardaise bien connue. On le rencontre un peu partout peignant des enseignes ou reproduisant des slogans. Cet homme jovial, très alerte, à qui, malgré ses cheveux blancs et son visage buriné, on ne donnerait pas son âge. Mais peu de gens savent que M. Sauldubois est un peintre de talent."            

Voici donc que la bombe est lancée : une exposition Sauldubois à l'automne ! Il y a déjà quelques temps que l'idée lui courait par la tête. Parents et amis d'ailleurs lui lançaient souvent en forme de boutade : "Alors, quand donc vas-tu ouvrir tes cartons ?" Son ami et camarade de classe, Lucien Dépoutot, libraire bien connu et bien d'autres intimes, comme René Sauter et Maurice Bringard le poussaient dans ce sens.             

Le 5 novembre 1965, la presse locale intitule un article "La saison picturale s'ouvrira demain avec trois expositions". Le célèbre dessin de la libération fait pendant à une photo du peintre, en pleine action dans les rues de Montbéliard.


De fait, l'émulation opère et le samedi 6 novembre, trois expositions s'offrent aux Montbéliardais: 

      Henri Sauldubois: un figuratif du pays,  
        Roger Clavequin: 50 affiches remarquables
 
     Janine Barbier : l'école de Paris 
 

         Le carton de notre père est ainsi libellé:


Il est heureux que ce soit là, dans ce bâtiment des Halles qui vit se dérouler ses années d'école primaire, qu'ait lieu cette exposition. Heureux qu’il puisse accrocher ses productions récentes mettant en valeur le Pays!  

Un compte-rendu de "l'Est Républicain"  du 8 / 11 / 65 nous donne un aperçu de ces trois expositions dans une rubrique intitulée: "En parcourant les galeries montbéliardaises". Les "Dépêches", autre journal local, dans la rubrique "La vie des arts" écrit: " La ronde d'après-midi autours des vielles Halles".  

Prenant à contre-pied la tendance du moment, consistant à produire une peinture très épurée et même abstraite, Henri Sauldubois dit avec son humour habituel : "On a assez parlé de dépouillement, moi, je repouille". Les chroniqueurs locaux employèrent les termes suivants pour qualifier  son exposition : "figuratif du Pays, dessinateur et coloriste, peintures de genre, peintures de mœurs – Impressionniste modéré"   

         Le reporter photographe saisit le moment où Henri Sauldubois accueille Pierre Jouffroy, peintre montbéliardais, lui aussi et dont on connaît la renommée. Il intitule ainsi son cliché: "Cachottier de talent, M Sauldubois a surpris agréablement tous ses visiteurs". Parmi ceux-ci, sans oublier les amis de toujours, il a l'extrême plaisir de la visite de son presque  voisin  et  ami  Fernand   Bloch,  marbrier  et  sculpteur.  

Les deux hommes se comprenaient bien. Les visiteurs, nombreux, ne peuvent s'empêcher de poser la question : "A quand la prochaine ? "  

Non loin de là, bien qu'automobiliste prudent, il a faillit avoir un accident de la route... Cela fait réfléchir.. Il a l'occasion d'en parler avec Georges Dupuy, délégué de la prévention routière du Pays de Montbéliard. Les idées faisant leur chemin, deux dessins voient le jour : l'un indiquant les erreurs à éviter en conduisant, l'autre, symboliste et plutôt macabre: la grande faucheuse vous attend derrière un arbre dans un splendide virage; gare à vous si le négociez trop rapidement ! Ces dessins furent d'ailleurs présentés à la prévention routière à Paris.             

En cette fin d'année 1967, deux ouvrages bien différents, mais chacun écrit par un enfant du Pays, paraissent; ils sont édités par la librairie Rayot-Dépoutot. Ils ont un point commun, le recours au même illustrateur : Henri Sauldubois.

Le premier à paraître est signé Georges Mettetal. Il a pour titre : "La Baraka" (la chance). Le héros est un légionnaire des années 1940 à 1957.

Le second est l'œuvre de Pierre Grillot, né à Beaucourt, fixé à Aix-en-Provence et qui n'oublie ni ses racines, ni ses souvenirs. Il conte tout cela dans "Pays de Montbéliard, au bon vieux temps", préfacé par Georges Becker. L'illustrateur nous ressuscite, pour la couverture, l'inoubliable TVH, le fameux tram de la vallée d'Hérimoncourt.             

 Une autre parution en 1968 : Mettetal et Cusenier publient "Le Groupe-Tito, de la Résistance à l'Indochine" et demandent le concours du même illustrateur, "Précieux illustrateur de la Baraka", selon les termes des auteurs. Cet ouvrage est un témoignage sur la Résistance dans le Pays.             

On prépare, en 1969, le bicentenaire de la naissance de Georges Cuvier, pour les 7 et 8 juin très exactement. Cela nous vaut encore d'excellents calicots d'animaux préhistoriques dus aux pinceaux de mon père : sept calicots tendus en travers de la rue principale ou grand'rue, devenue d'ailleurs rue Georges Cuvier, donnant vie à l'œuvre du célèbre naturaliste.

M. André Boulloche, le député-maire de Montbéliard, alors en exercice, adresse la lettre suivante à notre décorateur:             

"Les lettres de gratitude que m'ont adressées les diverses personnalités présentes, témoignent de la parfaite réussite de ces deux journées, réussite à laquelle vous avez largement contribué en assurant la décoration de la ville".             

Une exposition est organisée à la maison Rossel, aujourd'hui hôtel Sponeck, du 5 juin au 10 juillet 1969, avec la participation d'une cinquantaine de peintres, artistes dont Henri Sauldubois. Il présente trois œuvres, typiquement montbéliardaises, dirais-je : la place Saint-Martin (pastel), la maison Rossel au dégel (huile), et "Souviens-toi", en patois, "Révise-t-en" (fusain et sanguine). C'est le bouèbe et la diaichotte égrenant leurs souvenirs... Ils ne sont pas sans me remettre en mémoire le poème de Ramuz.          

En bien des circonstances encore, il est fait appel à ses compétences de "concepteur-dessinateur". Ainsi en 1972, la commune libre de Vieux-Charmont déplore un manque : elle ne possède pas, comme les autres communes voisines, d'écusson. Il est ainsi fait appel à M. Frédérique Mulhenheim, alors archiviste de la ville de Montbéliard et à Henri Sauldubois, artiste peintre connu. Après de nombreuses recherches, l'écusson dont s'enorgueillit Vieux-Charmont est créé : avec les deux bars (poissons), il signifie appartenance au Comté de Montbéliard. Il rappelle aussi que la bourgade possédait un moulin à grains, d'où la roue à aubes, et bien plus tard qu’elle aura une vocation industrielle et horlogère, d’où les roues dentelées.            

Les années s'envolent et en ce mois de novembre 1974, notre bonne ville fête le trentième anniversaire de sa libération. Seule, une personne ayant vécu ces moments douloureux et glorieux tout à la fois, pouvait ressusciter de tels événements. Souvenirs, recherches, imagination, ainsi naquit le dessin signé Henri Sauldubois sobre et riche de symboles pour l’émission philatélique commémorative. Le château est là, bien sûr, mais aussi l'écusson "Rhin et Danube" de la première armée française (celle qui a libéré le Pays), le monument du maquis du Lomont, la Croix de Lorraine (insigne du général de Gaulle). Avec le drapeau national, tout y est !

Depuis trente années, les chaînes de l'occupation ont été brisées, nous connaissons la liberté. Les mentalités ont évolué et changé. 

Des échanges amicaux se font avec les ennemis d'hier, des villes sont jumelées. Montbéliard, ancienne possession wurtembergeoise, devient tout naturellement la sœur jumelle de Ludwigsburg, dans le Wurtemberg. On peut traverser le Rhin dans les deux sens, amicalement. 

Peut-être construit-on enfin la paix ?



Henry Sauldubois : 24 septembre 1898-28 avril 1981 : tout simplement montbéliardais / (Janine et Michel Pélier). - Bart 25420 Déposé 2001. - 61 p. : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm.
Titre de couv. : "H. Sauldubois, peintre témoin de son temps". - DL 01-23669 (D4). - 920 (Br.) : 150 F.
Sauldubois, Henry (1898-1981) -- Biographie
BN 02686124   01-48063

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Mise à jour: 23 08 2011

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