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HENRI SAULDUBOIS
Peintre montbéliardais    1898-1981

Années 1920 avec Kysi
APRES GUERRE


Années 1970 sur les rives
du Doubs






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L'après-guerre

            
La vie reprend son cours, mais ce n'est plus comme avant. Les vides laissés par toutes les victimes de cette guerre sont lourdement ressentis. Cependant, l'économie repart doucement : il y a tant de choses à reconstruire. Il y a donc du travail, de la demande, dirait-on aujourd'hui.           

Les enseignes, la publicité sur les vitrines et devantures des magasins, sur des véhicules et fourgonnettes reviennent en force. A noter, le travail fait sur une fourgonnette publicitaire pour les meubles Louys : les copeaux qui sortent du rabot d'un menuisier forment en se déroulant l'inscription - Louys – Meubles. Il y en a tant d'autres : l'immense Gambrinus, le roi des buveurs de Bière, pour une fête de la bière, bien sûr, une diaichotte et son pot à lait pour la laiterie Faivre, un splendide brûleur pour les établissements Goutherot, chauffagiste. Tout cela merveilleusement réalisé : souvent ombrées au pistolet, ces productions prenaient un relief saisissant. Lettres dorées à la feuille, lettres de bois, découpées et laquées, sont au programme. C’est un travail intéressant donc, où Henri Sauldubois exerce sa créativité. C'est même une forme d'art, car chaque enseigne est personnalisée et unique, tant par le choix de la forme des lettres, de la couleur, de la taille et du style. La clientèle nombreuse doit parfois s'exercer à la patience. Souvent, il faut soumettre la ou les maquettes aux clients, d'où un travail de recherche et d'innovation important. Il faut réaliser au mieux, à travers la demande du client, la publicité demandée, la plus parlante, la plus expressive. Il est vrai que l'enseignement technique reçu à "l'Ecole Pratique" trouve ici souvent son application : les fixations, les accrochages divers de ces enseignes demandent un savoir-faire certain et un esprit de conception sûr.            

Les dimanches, jours de repos et de délassement, le plus souvent passés en famille, sont, bien sûr, consacrés aux dessins et pinceaux. Là s'exerce un autre talent. La nature, les saisons l'inspirent. C’est toujours sur le terrain, qu’il peint les aquarelles ou saisit ses pastels. Voici quelques réflexions bien à lui:   

                        - Un peintre n'est pas un plâtrier.  
                        - Un arbre n'est pas un fagot, un rocher un bloc de béton.  
                        - Les prairies fleuries chantent et ne sont pas des papiers peints.  
                        - Dépouiller n'est pas facile, "repouiller" est encore plus difficile. 

                            - La perspective est un adversaire redoutable. Partout il se dresse : dans le dessin, la couleur, l'atmosphère. 

                      - La nature est notre Maître incontesté. Nous devons essayer de la traduire ou de l'interpréter dans ce qu'elle nous offre de plus beau.  
                     - On ne transige pas avec elle. Les dépouillés ou transposés fantaisistes sont des caricatures que la nature, dans sa splendeur, n'admet pas. Partant de ces observations, j'ouvre tout grand mes yeux, me rassasie de lumière et de couleurs. J'essaie de peindre en me disant que je suis un tout petit garçon devant cette noble dame Nature à laquelle je tire révérencieusement mon chapeau. "             

Un grand maître de la musique, Beethoven, affirmait lui aussi quand on le complimentait pour la Pastorale, sa sixième symphonie :"La nature est ma mère".             

L'huile, les pastels, la sanguine, l'encre de Chine, le fusain, la mèche acrylique même, ainsi que le délicat travail de l'aquarelle, tous ces médiums, Henri Sauldubois les utilise pour célébrer dame Nature et les sites, monuments, bâtisses connus de la région.        

Il aime se rendre au Salon des Annonciades de Pontarlier. L'origine en remonte à 1928, pour commémorer le cinquantième anniversaire de la mort de Georges Courbet, peintre français né à Ornans. La presse comtoise, pontissalienne, suisse, les plus grands journaux parisiens soutiennent ce salon. Ils font écho de sa bonne santé picturale, de son aptitude à aborder les sujets les plus divers. Cette exposition se déroule soit en juillet, soit en août. C'est souvent en famille qu'Henri Sauldubois s'y rend. Pour nous, c'est une journée particulière. On choisit un beau dimanche. Le pique-nique, dégusté le long des gorges du Doubs, du côté de Rémonot, est au programme. L'après-midi nous voit en visite aux Annonciades. Cette ancienne chapelle de Pontarlier, encore imprégnée par l'atmosphère feutrée et recueillie des lieux saints, contribue à l'ambiance calme et respectueuse où l'on a coutume de baigner pour de telles expositions. C'est ainsi que, jeunes, guidés par notre père, nous admirons les oeuvres de Pierre Bichet, André Charigny, Robert Fernier, Pierre Jouffroy, pour ne nommer que ceux-là. Notre père contribue ainsi à former notre goût, à nous faire découvrir les différentes formes d'expressions de la peinture et par-là même à nous prodiguer une certaine initiation. C'est toujours un réel plaisir que de l'accompagner en ces circonstances. Nous découvrons ainsi une face cachée des connaissances et de la personnalité de notre père. Il disait : "Le noir n'est pas une couleur, le blanc, laissons-le au papier". En puriste, Henri n’utilise jamais de gouache blanche dans ses aquarelles. Le noir lui est étranger lorsqu’il manie la couleur, il suivait en cela les impressionnistes qu’il admirait.             

Le défilé et la vallée du Doubs l'inspirent, ainsi que le Haut-Doubs avec ses sombres forêts, ses prairies éclairées de gentianes. Ces lieux nous valent des huiles, aquarelles et pastels lumineux et forts.             

En 1946 a lieu le cinquantenaire de la fondation de l' Ecole Pratique. Ancien élève, Henri Sauldubois est sollicité : c'est un triptyque qui rappelle l'événement. La première partie fait revivre trois professeurs, la partie de droite nous amène à l'atelier sous la surveillance du maître de travaux. La partie centrale mentionne les dates 1896 - 1946 avec l'ancien élève qui, accueille le nouveau sous le regard bienveillant de Tante Climène, la fidèle diaichotte, symbole toujours présent du Pays de Montbéliard.        

Notre père est un fidèle de la classe 18, cette camaraderie là est ineffaçable et les menus des banquets des années 38, 48, 58, portent toujours sa griffe pleine de malice.   

Lors du réaménagement de l'hôtel Bristol en 1956, M. Charpin, le directeur, fait appel à lui pour la décoration du bar. Henri Sauldubois reproduit, après recherches, les écussons des principales anciennes seigneuries du Pays de Montbéliard, sans oublier celui de l'hôtel qui eut ses lettres de noblesse au cours des siècles passés. Cet établissement comportait une grande et belle salle de café, justement dénommée le Grand Café dans les décennies passées. 


Henry Sauldubois : 24 septembre 1898-28 avril 1981 : tout simplement montbéliardais / (Janine et Michel Pélier). - Bart 25420 Déposé 2001. - 61 p. : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm.
Titre de couv. : "H. Sauldubois, peintre témoin de son temps". - DL 01-23669 (D4). - 920 (Br.) : 150 F.
Sauldubois, Henry (1898-1981) -- Biographie
BN 02686124   01-48063

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Mise à jour: 23 08 2011

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